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Commission d’enquête sur la lutte contre les groupuscules d’extrême droite en France

Jeudi 25 avril 2019

Séance de 10 heures 50

Compte rendu n° 24

SESSION ORDINAIRE DE 2018-2019

Présidence de Mme Muriel Ressiguier, Présidente

– Audition de M. Yvan Benedetti, porte-parole du Parti nationaliste français

La séance est ouverte à 10 heures 50.

Présidence de Mme Muriel Ressiguier, présidente.

La commission d’enquête entend en audition M. Yvan Benedetti, porte-parole du Parti nationaliste français.

Mme la présidente Muriel Ressiguier. Mes chers collègues, la commission d’enquête relative à la lutte contre les groupuscules d’extrême droite poursuit ses travaux avec l’audition de M. Yvan Benedetti, porte-parole du Parti nationaliste français (PNF).

Monsieur, votre audition a principalement pour objet de faire un point précis sur les activités, les effectifs et les objectifs du Parti nationaliste français.

Cette audition se déroule à huis clos, elle n’est donc pas diffusée sur le site internet de l’Assemblée. Néanmoins, et conformément aux dispositions de l’article 6 de l’ordonnance n° 58-1100 du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires, son compte rendu pourra être publié en tout ou partie, si nous en décidons ainsi.

Je précise que les comptes rendus des auditions qui ont lieu à huis clos sont transmis aux personnes entendues afin de recueillir leurs observations. Ces observations seront soumises à la commission qui pourra décider d’en faire état, ou pas, dans son rapport.

Je rappelle que, conformément aux dispositions du même article, sera punie des peines prévues à l’article 226-13 du code pénal, d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende, toute personne qui, dans un délai de vingt-cinq ans, divulguera ou publiera une information relative aux travaux non publics d’une commission d’enquête, sauf si le rapport publié à la fin des travaux de la commission a fait état de cette information.

Je rappelle enfin qu’un faux témoignage devant notre commission d’enquête serait passible de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.

Conformément aux dispositions du troisième alinéa de l’article 6, qui prévoit que, à l’exception des mineurs de seize ans, toute personne dont une commission d’enquête a jugé l’audition utile est entendue sous serment, je vous demande de prêter le serment de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. Veuillez, s’il vous plaît, lever la main droite et dire je le jure.

M. Yvan Benedetti, porte-parole du Parti nationaliste français. Pensez-vous qu’il soit approprié que quelqu’un qui représente l’extrême droite lève la main droite ?

Mme la présidente Muriel Ressiguier. Que ce soit approprié ou non, vous devez prêter serment avant de parler. Chacun est libre de penser ce qu’il veut, mais vous devez respecter la loi.

M. Yvan Benedetti. C’est avec grand plaisir que je lève la main droite, main droite ouverte, qui est un symbole de justice, de fidélité et d’amitié, contrairement au poing tendu que vous avez l’habitude de brandir et qui est un signe plus agressif.

Mme la présidente Muriel Ressiguier. S’il vous plaît, dites « Je le jure ».

M. Yvan Benedetti. Je lève avec grand plaisir la main droite, ce que je fais assez souvent.

(La personne auditionnée prête serment.)

Mme la présidente Muriel Ressiguier. Je vous remercie.

M. Yvan Benedetti. Je vous en prie, madame.

Mme la présidente Muriel Ressiguier. Pouvez-vous nous décrire votre parcours et nous dire quelles fonctions vous occupez au Parti nationaliste français ?

M. Yvan Benedetti. Je suis engagé dans le combat politique depuis trente-cinq ans. J’ai commencé dans un mouvement de scoutisme, Europe jeunesse, qui dépendait de la nouvelle droite. Je l’ai quitté assez rapidement, dès que j’ai pris conscience des dérives de celui qui était le chef de cette tendance, Alain Benoît, pour rejoindre l’Œuvre française, créée par Pierre Sidos en 1968 et que certains ont prétendu dissoudre sans succès bien évidemment.

J’ai fait un passage d’une petite dizaine d’années au Front national (FN), au nom duquel j’ai été élu conseiller municipal à Vénissieux. J’ai participé à la campagne interne pour le congrès de Tours, pour la succession de Jean-Marie Le Pen, auprès de Bruno Gollnisch, dont j’ai dirigé la campagne. J’ai été exclu du Front national à l’arrivée de Marine Le Pen à la présidence, puisque je représentais un courant opposé à celui qu’elle incarnait. J’étais en effet opposé à sa politique de dédiabolisation qui, selon moi, nous menait dans le mur.

J’ai repris mes fonctions au sein de l’Œuvre française, dont j’ai assuré la présidence en 2012 – succédant à Pierre Sidos – jusqu’à ce que le mouvement soit prétendument dissous. Je réaffirme que je considère cette dissolution et cette interdiction comme nulles et non avenues et qu’elles relèvent de la forfaiture puisque Manuel Valls voulait faire taire un mouvement qui était opposé à sa politique.

Je suis actuellement porte-parole du Parti nationaliste français, sans aucune fonction administrative ou officielle ; c’est une fonction politique.

Mme Élise Fajgeles. Au décès de Robert Faurisson, le 22 octobre dernier, vous l’avez salué en indiquant qu’il « aura marqué la seconde moitié du XXe siècle ». Pouvez-vous m’expliquer cet hommage rendu à une personne ouvertement négationniste et nous donner votre position par rapport au négationnisme et à la réalité historique de la Shoah ?

M. Yvan Benedetti. L’histoire est révisionniste par définition, mais vous utilisez le terme négationniste, qui est assez caricatural.

Robert Faurisson, à travers un travail très sérieux, a annoncé une nouvelle qui pourrait être une bonne nouvelle pour l’humanité, à savoir que, peut-être, des hommes n’avaient pas été capables de faire ce que le tribunal de Nuremberg, de manière très politique, a voulu prêter à un régime et à tout un peuple. Je ne suis pas historien, mais il me semble que nous aurions dû donner à Robert Faurisson la possibilité de s’expliquer, car si ce génocide – je parle bien des chambres à gaz homicides – n’a pas eu lieu, c’est selon moi une grande nouvelle de savoir que l’homme n’est pas capable d’une chose aussi abominable ; telle est ma position. J’ai lu et beaucoup étudié le travail de Robert Faurisson et de cette école révisionniste, et je pense qu’il s’agit de travaux sérieux.

Mme la présidente Muriel Ressiguier. Pouvez-vous nous présenter l’implantation territoriale de votre groupe et ses caractéristiques ? S’agit-il d’une simple présence des membres sur leur lieu de résidence, ou y a-t-il des locaux, des endroits où vous vous réunissez ? Comment communiquez-vous entre vous et organisez-vous des actions ?

M. Yvan Benedetti. Je vous renvoie au travail des renseignements de police qui est très bien fait, auquel vous avez accès et qui est certainement plus complet que ce que je pourrais vous dire, n’étant que porte-parole.

Mme la présidente Muriel Ressiguier. Je souhaiterais néanmoins que vous nous disiez comment vous vivez cette organisation au sein du mouvement, si vous avez des locaux, ou pas.

M. Yvan Benedetti. Je suis souvent invité à prendre la parole, sur tout le territoire. Alors, quand je suis invité, que ce soit par des structures ou des individualités militantes du Parti nationaliste français, de la famille nationaliste en général, et même au-delà, étant quelqu’un de poli, je me rends à ces réunions. Mais je ne participe pas à leur organisation. Je ne sais pas ce que vous souhaitez comme information, mais voilà comment cela fonctionne.

Mme la présidente Muriel Ressiguier. Je vous remercie. Ma question porte sur l’organisation du PNF. Y a-t-il des locaux sur le territoire ? Comment sont-ils répartis géographiquement, quel est le nombre de militants ?

M. Yvan Benedetti. Je ne sais pas combien il y a de militants, et cela n’est pas primordial. Le nationalisme français a toujours représenté une petite minorité. Mais ce sont les minorités qui font l’histoire. Nous ne croyons pas du tout à la mascarade électorale, dont vous êtes le résultat et le fleuron.

Les changements de politique et de gouvernement sont rarement le résultat de joutes électorales. Vous-même qui militez pour une Sixième République, vous savez très bien qu’il faut des circonstances historiques particulières pour pouvoir évoluer sur un changement d’institutions et un changement radical de politique. Donc, peu importe le nombre. Ce qui importe, ce sont les situations. Et depuis la dernière élection présidentielle et la révolte des Gilets jaunes, je peux affirmer – pour avoir bien étudié l’histoire politique, les révolutions et la praxis révolutionnaire, je crois que vous goûtez à cela aussi – que nous sommes entrés en période révolutionnaire. Il y a toujours trois phases dans une période révolutionnaire. La première phase est la désintégration du système ; et l’incendie de Notre-Dame est un beau symbole de la désintégration du système, car prétendre la restaurer et n’arriver qu’à la détruire…La deuxième phase est une phase de désordre et de chaos, puisque l’ordre en place s’est décomposé. C’est dans cette phase qu’émergent les éléments sur lesquels va se recomposer un ordre nouveau. La troisième phase correspond à une croyance qui s’effondre et une nouvelle croyance qui naît. La révolte des Gilets jaunes a bien montré que la croyance du système en place, à savoir la société de consommation, la société hédoniste, arrive au bout. On a dit aux Français, en particulier, et aux Occidentaux, en général, que pour accéder au bonheur, il fallait consommer. Or on s’aperçoit rapidement que le bonheur n’est pas au bout de cette société hédoniste de consommation.

Il y a aussi cette volonté des Français de liquider le système en place, et Macron en a bénéficié, avec une mascarade électorale, une sorte de braquage électoral, en se faisant passer pour le gars antisystème, alors que c’était le gars du système qui défendait le système pour sauver le système. Cette prise de conscience a déclenché le troisième tour de l’élection présidentielle, à savoir la révolte des Gilets jaunes. Et, enfin, le fait qu’une opposition prétendument présentée dans le cadre du système, se révèle complètement inefficace et inutile, je veux parler du Rassemblement national (RN) qui n’est plus qu’un syndicat d’intérêts.

M. Adrien Morenas, rapporteur. Vous vous définissez comme un Gilet jaune. Qu’est-ce que cela veut dire pour vous ?

M. Yvan Benedetti. Le mouvement des Gilets jaunes a été bien défini. C’est la France des provinces, la France périphérique qui, pour beaucoup, a voté pour Marine Le Pen et le frère Mélenchon, et des retraités qui ont pris en pleine face la politique financière d’Emmanuel Macron.

Au début, c’était un mouvement national, populaire, social, qui d’ailleurs ne se rassemble pas sur les lieux habituels, ceux que fréquente Mme le député Ressiguier, c’est-à-dire la République ou la Bastille. Il s’agit d’un mouvement assez populaire et patriotique qui se rassemble naturellement sur les Champs-Elysées et à l’Arc de Triomphe, où se font les rassemblements plutôt nationaux.

Une fois l’effet de sidération passé, parce que les professionnels de la contestation sociale que sont les syndicats, la gauche et l’extrême gauche ont été totalement surpris par l’émergence de cette révolte qu’ils n’avaient pas vu venir, ils ont couru – mais vous le savez mieux que moi, vous l’avez vécu de l’intérieur – après le mouvement pendant quatre ou cinq semaines avant d’appeler à le rejoindre.

Et petit à petit, avec l’efficacité et les courroies de transmission qui existent au sein de l’extrême gauche, ils ont peu à peu grignoté le mouvement des Gilets jaunes. Par ailleurs, il y a eu une répression terrible. De nombreux animateurs d’occupations de ronds-points, de neutralisation des radars ou des péages ont subi la répression. Une centaine de Gilets jaunes est en prison ou sous le coup de contrôles judiciaires qui sont terribles. J’en ai fait l’objet au moment de la Manif pour tous, je sais donc ce que c’est. Cela a permis, avec la complicité de certaines franges de la police, de chasser les militants nationaux ou nationalistes, pour rester dans un entre-soi. Ce sont aujourd’hui des milliers de « black blocks » qui déboulent, et les « antifa » qui frappent sur tout ce qui ne leur plaît pas. J’ai moi-même été victime de la violence.

J’ai suivi la genèse de la création de votre commission. Vous avez d’abord annoncé qu’il s’agissait d’une commission de lutte contre les violences d’extrême droite. Vous êtes dans ce combat-là depuis longtemps, vous avez été militante de Ras L’Front. C’est pourquoi cette commission est quand même une mascarade, une belle mascarade ! D’autant que fait partie de votre commission Meyer Habib, qui m’a massacré à coups de barre de fer il y a trente ans, lors d’une fête de Jeanne d’Arc. Il est dommage que M. Habib ne soit pas là.

Mme la présidente Muriel Ressiguier. Vous lui en parlerez, si vous avez encore des contacts avec lui.

M. Yvan Benedetti. Il est dommage qu’il ne soit pas là, je pourrais ainsi lui rappeler qu’il a des dettes envers la société française ; plus de 250 000 francs de condamnation à payer auprès de l’assurance maladie et du fonds de garantie des victimes du terrorisme. J’ai en effet été dédommagé par ce fonds, suite aux coups de barre de fer que M. Habib m’a donnés. J’ai encore une belle petite cicatrise.

Nous jouons le jeu, puisque nous sommes accueillis ici de manière très…

Mme la présidente Muriel Ressiguier. Votre comparution est obligatoire et la commission a été jugée réglementaire et légale, quel que soit votre avis sur cette commission. Mais nous ne sommes pas là pour parler de la commission.

M. Yvan Benedetti. Je vais me gêner ! Je suis obligé de venir, mais je ne suis pas obligé de dire ce que vous voulez que je dise. Ce serait nouveau !

Mme la présidente Muriel Ressiguier. Vous devez répondre aux questions que nous vous posons.

M. Yvan Benedetti. C’est ce que je fais, avec quelques digressions…

Mme la présidente Muriel Ressiguier. Quels sont les arguments du PNF contre le droit du sol ? Pouvez-vous nous expliquer votre usage des termes « particularités héréditaires », « rassemblement d’éléments uniquement de souche européenne, de même tradition spirituelle, de culture intellectuelle commune » ?

M. Yvan Benedetti. C’est simple. Nous sommes nationalistes, donc engagés dans le combat pour la défense de la nation, de la France. La France, contrairement à ce que certains pensent, n’est pas une certaine idée, n’est pas une conception artificielle, intellectuelle, idéologique. La France est le résultat de l’histoire. Et l’histoire nous apprend que ce vieux pays, l’un des plus vieux au monde, s’est constitué autour d’éléments très précis, sur un territoire précis. Ces éléments sont la race européenne blanche et le christianisme, depuis le baptême de Clovis. La France a aussi cette particularité d’être une nation-État qui s’est constituée avec ses rois, autour d’un pouvoir fort. Ce sont tous ces éléments qui font la France. En tant que nationalistes, nous sommes tout à la fois défenseurs de la chrétienté, de la souveraineté nationale et d’une ethnie historique en Europe, qui est la race blanche, même si ce sont peut-être des gros mots pour vous ou pour d’autres.

M. Thomas Rudigoz. Quels sont les moyens d’action que vous voulez mettre en place pour instaurer cet ordre nouveau ? Vous avez expliqué la décomposition de notre système, vous estimez que nous sommes dans une période prérévolutionnaire, mais pour mener à bien une révolution, il faut des hommes, des bras, du monde ; il faut s’organiser. 

Vous nous avez expliqué que vous n’aviez plus aucun lien avec le Rassemblement national (RN) de Marine Le Pen, qu’il s’agit même d’un adversaire, après avoir été un fidèle soutien de son père, si j’ai bien compris votre parcours. Néanmoins, même si vous y êtes opposé, le RN compte beaucoup de membres, avec lesquels je n’ai aucun atome crochu – nous en côtoyons certains dans cette Assemblée – mais qui sont organisés, eux.

Vous avez des objectifs très ambitieux, j’aimerais que vous nous expliquiez comment vous comptez instaurer cet ordre nouveau, cette révolution nationale – un terme qui est souvent employé dans votre mouvance. Par ailleurs, avez-vous des alliances avec d’autres mouvements politiques, d’autres leaders issus de la mouvance d’extrême droite et avec d’autres groupuscules, par exemple les Identitaires, le Bastion social, etc. ?

M. Yvan Benedetti. Oui, nous employons l’expression « révolution nationale », c’est même notre marque de fabrique, une révolution nationale pour rétablir le travail contre l’oligarchie, la famille contre les LGBT et le transhumanisme, dont se piquent tant Emmanuel Macron et son mathématicien, M. Villani, et la patrie contre l’Union européenne et le mondialisme.

Dès que l’on parle de révolution, tout le monde pense à la kalachnikov, à la batte de baseball, à de la violence et au sang. Non, ce n’est pas cela, une révolution. Je vous l’ai expliqué plus haut, une révolution, c’est une croyance qui s’éteint et une nouvelle qui émerge. C’est une volonté qui s’impose. Le combat politique peut se résumer simplement : ce sont deux volontés qui s’affrontent. La volonté de ceux qui sont en place et qui veulent y rester et la volonté de l’opposition d’accéder au pouvoir pour imposer ses idées. Les révolutions peuvent se faire de manière pacifique. Quand l’Union soviétique est tombée et qu’un ordre nouveau s’est imposé dans toute l’Europe de l’Est, il y a eu, en tout et pour tout, un mort. L’Union soviétique est tombée sans violence, le système était mité de l’intérieur et s’est effondré. La révolution, c’est conquérir les esprits et révolutionner les âmes. Ce n’est pas sortir dans la rue pour casser la gueule à tous ceux qui ne nous plaisent pas. J’ai une vision très paysanne – d’aucuns diront gramsciste – du combat politique. Pour récolter un fruit mûr sur l’arbre, il faut défricher, labourer, semer, arroser, tailler et si les éléments sont favorables – si nous sommes en période révolutionnaire – eh bien votre fruit mûr, vous pouvez le cueillir. C’est cela une révolution.

Comme actes révolutionnaires, il y a la violence, bien évidemment, et je pense qu’en France la révolution se fera dans la plus grande violence. J’étais présent le 1er décembre et le 8 décembre – beaucoup moins le 8 –, mais, le 1er, je n’avais jamais vu un tel degré de violence en trente-cinq ans d’action politique ; j’en ai fait les frais, d’ailleurs. En effet, je me suis fait agresser par une bande qui se qualifie d’« antifa »…

M. Thomas Rudigoz. Vous étiez où ?

M. Yvan Benedetti. Avenue Kléber, il me semble. Vous pouvez regarder les vidéos, j’ai passé tout le temps de la manifestation à haranguer les policiers et surtout les gendarmes, pour qui j’ai le plus grand respect, puisque j’ai été sous-officier dans les parachutistes lors de mon service militaire – j’étais au 9e régiment de chasseurs parachutistes (RCP). J’ai donc le plus grand respect pour les gendarmes que j’ai beaucoup harangués ce jour-là pour leur signifier qu’ils n’avaient plus à cautionner ce système et que j’étais conscient du malaise qui existait au sein des forces de l’ordre. Vous pouvez regarder les vidéos du 1er décembre, je parle beaucoup des suicides parmi les membres des forces de l’ordre, un sujet qui est d’ailleurs d’actualité.

Revenons à la notion de révolution. Une révolution est la rencontre d’une minorité révolutionnaire et d’une période révolutionnaire. En France, la révolution va se faire dans la plus grande violence, car la société est violente. Je m’en suis rendu compte le 1er  décembre. On sait qu’elle est violente, il n’y a qu’à regarder les faits divers, les jeux vidéo de nos enfants, les films projetés à la télévision, cette chose incroyable que sont les jeunes hommes et femmes qui ont fréquenté nos écoles et qui sont partis combattre en Syrie au sein de l’État islamique. C’est incroyable ! Des centaines et des centaines d’enfants qui ont grandi en France – et certains y sont nés –, qui ont suivi une éducation chez nous et qui se retrouvent à combattre dans une guerre très très sale en Syrie. Notre société est violente et elle ne tient que par le système policier et judiciaire – même s’il craque un peu de partout. Si le régime s’affaiblit, ce sera inévitable et à craindre, la plus grande violence va se répandre.

Nous ne nous inscrivons pas du tout dans la guerre avec des fusils ou des battes de baseball, même si nous voulons imposer un ordre nouveau. Mais plutôt par la conquête des esprits et la révolution des âmes. Dans une société de consommation – et nous nous en apercevons avec cette révolte des gilets jaunes –, quand les assiettes se vident, les regards se tournent vers le ciel, parce qu’il y a autre chose : pourquoi nous sommes là, quel sens donner à sa vie… Nous croyons à la transcendance. Le combat est davantage de cet ordre-là, même si la violence ne nous fait pas peur.

Je suis bien obligé de constater, mais cela n’étonnera pas certains dans cette commission qui se rassemblent autour de la France insoumise ou du Parti communiste, qui dénoncent la violence du système, que ce soit socialement, physiquement – insécurité –, moralement, avec toutes ces dépressions, ces consommations de drogues et ces suicides… Je suis bien obligé de constater aussi que le seul élément qui ait un peu fait varier la politique du Gouvernement et du Président est la violence du 1er décembre. Des conséquences ont été tirées de cette violence ; le peu de miettes qu’il nous a jetées sont consécutives à une réponse dans la rue à cette violence du système et de l’État.

S’agissant des contacts avec ce que vous appelez d’autres groupuscules, des petits groupes, je dénonce avec la plus grande fermeté la dissolution du Bastion social, hier en Conseil des ministres ; c’est une honte. Je m’insurge contre cette dissolution, d’autant que j’en ai été victime en 2013. En outre, le système fait fausse route, sauf s’il utilise cette dissolution de manière théâtrale, pour faire de la communication pour dire : « on est costauds, on roule des mécaniques et on lutte contre l’extrême droite » qui est responsable de pas grand-chose, voire de rien dans ce pays.

Je m’insurge contre l’interdiction du Bastion social, même si je ne milite pas en son sein. Je sers les rangs avec tous ceux qui sont convoqués devant votre commission mascarade. Un petit débat a eu lieu quand vous avez constitué la commission, certains à droite expliquant qu’il fallait associer la lutte contre l’extrême gauche.

Aujourd’hui, toutes les campagnes médiatiques sur l’extrême droite qui a infiltré les gilets jaunes tombent un peu à plat, puisque aujourd’hui ce sont des milliers de black blocks qui déboulent dans les rues de Paris pour tout casser. Or les « black blocks » sont des « antifa ». Votre histoire de violences de l’extrême droite tombe à plat. Il faudrait un peu balayer devant chez vous avant d’aller voir chez le voisin, entre autres dans votre mouvement. D’ailleurs, vous l’avez dénoncé, quand le frère Mélenchon voulait enfoncer les portes du local, vous avez été rabrouée par votre président, car vous trouviez que ce n’était pas des choses à faire. Donc vous, vous avez un peu voulu balayer chez vous, mais il y a du boulot !

M. Thomas Rudigoz. Vous n’avez pas vraiment répondu à ma question. Vous vous dites solidaire de ces mouvements, notamment du Bastion social. Nous avons également auditionné les Identitaires ; avez-vous des liens avec eux, travaillez-vous avec eux ?

M. Yvan Benedetti. Non, nous n’avons aucun lien structurel ou d’actions de militantisme avec les Identitaires. Notre seul lien est la défense de la France et des intérêts français. Mais ils ne désirent pas fréquenter ceux qui ont été dissous par le système et qui, je pense, leur apparaissent trop radicaux. Enfin, je pense, j’interprète, mais vous avez dû leur poser la question.

En revanche, moi, je ne fais pas de différence entre le Bastion social, les Identitaires, les Brigandes, le PNF, la Ligue du Midi – qui est le poil à gratter de Mme le député. Je soutiens également les camarades Roudier, même si nous n’agissons pas ensemble. Je suis solidaire de tous ceux qui sont sous le coup de la répression. Et je prends ma quote-part qui est assez importante : la répression du système, les procès – je serai le 7 mai, en appel, devant le tribunal de Lyon, pour maintien et reconstitution de l’Œuvre française dissoute.

M. Adrien Morenas, rapporteur. Vous êtes opposé au droit du sol, vous êtes opposé à l’Union européenne, vous avez une vision traditionnaliste de la famille, vous êtes opposé à l’enseignement laïque, vous êtes opposé à l’élection des dirigeants ; êtes-vous royaliste ?

M. Yvan Benedetti. Ce doit être à cause de ma belle cravate ! J’ai tenu à mettre une belle cravate, pour tous ceux qui sont à l’origine de cette commission – je ne parle pas de la particularité de chacun, je ne veux pas pratiquer la caricature, mais quand même –, le groupe uni de la France insoumise, madame la présidente, vous qui ne cachez pas vos idées, ni d’où vous venez, ni votre tradition familiale – c’est tout à votre honneur. Votre commission relève des tribunaux révolutionnaires de 1793 ou de cette époque directement issue de 1936 et du Front populaire, où l’on rasait le crâne des femmes qui avaient peut-être trop laissé parler leur cœur. Je sais que le frère Mélenchon est très attaché à la révolution bourgeoise de 1789 et de ses héros, comme Robespierre. Il m’a semblé qu’une belle cravate à fleurs de lys, la fleur de France, de ceux qui ont fait la France, était d’actualité.

Non, je ne suis pas royaliste. En tant que nationaliste, je ne suis pas braqué sur une forme d’institution particulière, les institutions étant souvent le résultat des circonstances historiques. Je me réfère aussi bien à Maurras, le royaliste, qu’à Barrès, le républicain. Une République qui sert les intérêts de la communauté nationale, qui sert les intérêts du peuple, dans son acception historique, c’est-à-dire de ceux qui nous ont précédé et de ceux à venir, nous conviendrait très bien.

Opposé à l’Union européenne, oui. De toute façon, l’Union européenne, vous le verrez, ce monstre idéologique, connaîtra le même destin que l’Union soviétique : elle va s’effondrer et les nations historiques renaissent d’ailleurs sur l’opposition à l’Union européenne.

Défenseur de la famille traditionnelle, oui. Nous pensons qu’un ordre naturel doit être respecté, au risque de connaître de grands cataclysmes sociaux.

Opposé à l’enseignement laïque, non. C’est une aberration. Je suis un pur produit laïc. La caractéristique de la civilisation européenne, c’est la dissociation entre le temporel et le spirituel, que nous retrouvons d’ailleurs dans les Écritures, quand les Pharisiens se présentent devant le Christ pour lui demander s’il faut payer les impôts à César. Jésus répond : il faut rendre à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César. La civilisation européenne, et c’est ce qui a fait sa richesse, s’oppose au totalitarisme que sont l’islam ou le judaïsme. Et je ne donne pas au terme « totalitarisme » une connotation négative, car quand je dis que la vie est à la fois temporelle et spirituelle, c’est une vision totalitaire de la vie, totale, globale. Je suis donc pour le respect de l’enseignement privé, mais défenseur d’une école laïque qui donne sa chance à tout le monde.

S’agissant du droit du sol, vous avez dit une bêtise, car nous ne sommes pas opposés au droit du sol. La nationalité s’acquiert par le sang – ce sont les Français historiques – et par le sol, bien évidemment. Il y a quelques années, les harkis qui ont servi le drapeau français et qui ont choisi la France avaient toute leur place en France et en tant que Français.

Ce que nous souhaitons, c’est une loi générale qui se base sur l’histoire et le sang. Nous devons avoir une conscience raciale, cela fait partie des réalités naturelles. Nous avons une conscience raciale, ce qui crée un déterminisme. Il n’y a d’ailleurs que les blancs qui ont perdu leur conscience raciale, toutes les autres ethnies l’ont gardée et c’est très bien. Elles sont d’ailleurs honorées quand on me parle de Césaire par exemple. En revanche, je goûte très peu à la guerre des races et je ne crois pas qu’une race soit supérieure à une autre ; je n’y crois pas du tout.

Mais je crois au déterminisme qui est la conséquence d’une conscience raciale, bien évidemment. La civilisation européenne, la civilisation chrétienne est aussi marquée par la race qui est la première énergie, mais qui doit s’inscrire dans un ordre pour construire des cathédrales, par exemple, qui est le plus beau symbole de la civilisation européenne.

Mme Élise Fajgeles. S’agissant de la défense de la race blanche et chrétienne, j’essaie de comprendre comment doit s’organiser la société, selon vous, car vous soutenez les Identitaires qui prônent l’arrêt de toute migration et la « remigration ». Le représentant du mouvement Identitaire que nous avons entendu nous a même indiqué que cette « remigration » devait aussi s’appliquer aux Français issus de l’immigration de première et deuxième générations. J’aimerais donc savoir comment vous voyez la société française que vous appelez de vos vœux – et qui serait fondée sur la race blanche et chrétienne, sachant qu’aujourd’hui elle est composée de diverses couches d’immigration.

Par ailleurs, vous nous dites soutenir tous les mouvements, Bastion social, Ligue du Midi, etc., Quel est votre lien avec Alain Soral ou votre regard sur lui ? Quel est votre avis sur son mouvement Égalité et Réconciliation, et sur son site, qui est l’un des sites les plus visités en France ? Quel est votre avis sur son comparse, Dieudonné ?

M. Yvan Benedetti. Respectant la loi naturelle, je défends l’idée selon laquelle chaque peuple doit vivre et s’émanciper dans le cadre historique qui est le sien. En conséquence, je suis totalement opposé à la politique d’immigration qui est appliquée depuis 1945 et qui s’inscrit dans une volonté de certains de détruire ce que nous sommes pour imposer un ordre mondial.

Il y a longtemps que la coupe est pleine, elle a même débordé. Nous subissons de plein fouet – l’arbre est jugé à ses fruits – les résultats de cette politique migratoire, qui s’est accélérée avec la politique familiale qui a entraîné un déficit démographique. La nature ayant horreur du vide, l’immigration a donc été organisée, encouragée, financée, protégée par une politique qui ne date pas d’hier et qui est d’ailleurs inscrite dans le jugement de Nuremberg – c’est une évidence.

Le « grand remplacement » est un terme littéraire pour expliquer ce qui est en train de se passer, à savoir un véritable génocide ethnique des Français historiques et des Européens. Il faut donc, dans un premier temps, transformer cette Europe passoire en Europe forteresse, et organiser le retour de toutes ces populations déracinées, qui, d’ailleurs, sont loin de trouver l’équilibre et la plénitude qui nous sont présentés depuis toujours, pour retrouver une cohésion nationale. C’est indispensable et urgent.

D’autant plus que cette politique idéologique occidentale sème le chaos partout, sur le continent africain, au Moyen-Orient, avec ce problème très grave de l’entité sioniste en Palestine, qui déséquilibre les rapports des nations en matière de géopolitique.

Mme Valérie Thomas. Vous n’avez pas répondu sur vos liens avec Alain Soral.

M. Yvan Benedetti. Vous posez des problèmes de fond, c’est intéressant. Le nationalisme – je vais venir à Alain Soral – est tout sauf une idéologie. C’est une doctrine, c’est la constatation de ce que nous sommes, des lois humaines qui ont permis à une communauté de s’ériger en nation. Le nationalisme est la défense de ces lois, qui permet la pérennité de la nation. Et face au nationalisme, il y a toutes les idéologies : le libéralisme, le marxisme, le sionisme, etc.

Soral est l’héritier du marxisme et c’est un intellectuel. Un intellectuel marxiste qui travaille selon des concepts. Il a tendance à vouloir tout réduire, tout résumer dans des concepts. Ce qui s’oppose au nationalisme. Mais Soral a effectué un gros travail : venant d’une société dans laquelle le cadre et les repères ont été définis par Mai 68, il a contribué à détruire cette société culturelle soixante-huitarde de l’intérieur. Petit à petit il évolue, et il rejoint la doctrine nationaliste. C’est pour cette raison que j’ai tenu à organiser une réunion avec lui. J’ai beaucoup de considération pour ceux qui sont les défenseurs de la France historique et qui veulent rétablir la France. J’ai beaucoup de considération pour Soral et Dieudonné, notamment pour une caractéristique qui manque aujourd’hui aux hommes et aux femmes couchés, à savoir le courage. Je suis prêt, ne serait-ce que pour ce courage, à serrer les rangs et à lutter coude à coude avec eux.

Dieudonné évolue dans le domaine du rire. Et si nous pouvons rire de tout, nous ne le pouvons pas avec tout le monde – Desproges avait raison. Dans une société cadenassée comme la nôtre, on paie cher cette liberté de pensée, mais croyez-moi, c’est comme boire à la source d’eau pure ou respirer un air frais de montagne, cela fait beaucoup de bien, dans cette société où l’on veut enfermer tout esprit libre et indépendant dans des camisoles de force de la bien-pensance.

Mme Valérie Thomas. Entretenez-vous des relations avec des mouvements nationalistes européens ? Si oui, lesquels et quelles formes prennent ces relations ?

Vous disiez intervenir dans des réunions, en France. Dans combien de réunions intervenez-vous par an ? Et intervenez-vous également en Europe ?

M. Yvan Benedetti. En France, tout dépend de l’actualité ; et elle est riche, en ce moment, avec les Gilets jaunes. J’ai participé à environ 70 % des actes des Gilets jaunes, tenu des réunions, des conférences, et réalisé des travaux d’écriture. Tout cela prend beaucoup de temps, quand on n’est pas un professionnel de la politique.

Bien évidemment, j’ai des relations avec des camarades européens, puisque les problématiques sont les mêmes et que pour transformer l’Europe passoire en Europe forteresse, on ne peut pas le faire tout seul. J’ai donc des contacts suivis et réguliers avec de nombreux mouvements en Europe et de nombreux camarades nationalistes.

Mme Valérie Thomas. Dans quels pays et quels mouvements ?

M. Yvan Benedetti. Ils sont nombreux. Je reviens de Sofia, où nous avons jeté les bases d’une alliance européenne. Étaient présents des nationalistes hongrois, tchèques, bulgares bien évidemment, allemands – car les consciences se réveillent en Allemagne, ce qui est une très bonne chose. J’ai des contacts avec différents mouvements, notamment en Italie. Je vais en Suède pour le 1er mai, j’ai été invité à participer à une manifestation organisée par Nordfront. Il serait trop long de vous indiquer tous les contacts que je peux avoir en Europe et même dans le monde car il y a un réveil nationaliste sur toute la planète. À trop torturer les réalités, elles reviennent comme un boomerang dans la figure et c’est ce que nous sommes en train de vivre.

M. Thomas Rudigoz. Vous avez été proche d’un autre leader d’extrême droite, Alexandre Gabriac. Etes-vous toujours en lien ? Est-il toujours actif ?

M. Yvan Benedetti. Je suis bien évidemment toujours en lien avec lui, puisque nous avons été jugés ensemble, l’année dernière à Lyon. Du point de vue du militantisme, nos routes se sont séparées, car il a souhaité militer dans une structure qui prend davantage en compte les questions spirituelles, à savoir Civitas. Nous sommes sur la même ligne de front, mais nous ne sommes plus sur le même trou de combat.

Mme la présidente Muriel Ressiguier. Chaque année, vous fleurissez la tombe de Robert Brasillach. Vous sentez-vous proche de sa pensée ? C’était un antisémite notoire, l’êtes-vous également ?

M. Yvan Benedetti. J’assiste à deux cérémonies en France chaque année, celle qui rend hommage au maréchal Pétain, que j’organise, et celle qui rend hommage à Robert Brasillach. Je participe à ces hommages depuis des années. Ils sont les racines de l’arbre. Pour avoir des branches solides qui montent haut dans le ciel, les racines doivent être profondes, et nos racines politiques sont là. Même si les racines historiques sont dans les livres d’histoire, dans les cimetières et dans la geste de ceux qui nous ont précédés.

Brasillach, c’est le poète, l’écrivain que l’on a assassiné. Sachez que les phrases qui lui sont prêtées – dans des articles que j’ai lus – ne sont pas de lui. Elles sont ridicules. Si vous voulez nous voir comme les très très méchants, cela ne nous pose aucun problème. Si vous pensez que nous mangeons un petit noir le matin, un petit juif le soir, libre à vous, mais cela relève du délire politico-médiatique.

Le terme d’antisémitisme est complètement biaisé. Il s’agit d’un anathème que l’on vous tatoue au fer rouge pour vous discréditer, vous couper la parole et vous liquider. À l’époque, c’était en fusillant, maintenant, c’est médiatiquement et socialement.

Pour ma part, je parle plutôt d’idéologie, de judaïsme politique. C’est une idéologie qu’il faut éradiquer, parce qu’elle est le moteur du mondialisme. Les représentants du « judapo » en France sont la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA), le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), qui convoque tout le monde pour son repas ; enfin, quasiment tout le monde, certains ne sont pas les bienvenus, vous en savez quelque chose, madame le député. Mais ce sont eux qui imposent aujourd’hui la tyrannie du judaïsme politique en France.

D’ailleurs, les donneurs d’ordre de la dissolution de l’Œuvre française sont à chercher outre-Atlantique. C’est le président du Congrès juif mondial (CJM), M. Ronald Lauder, qui, le 6 février 2013, a reçu la Légion d’honneur à l’Élysée, et a demandé au Président de l’époque, M. Hollande, de mettre hors d’état de nuire ceux qu’il appelle les antisémites – la révolution de la quenelle prenait à l’époque une ampleur qui effrayait beaucoup de monde. C’est donc suite à cette visite, à cet ordre du patron du Congrès juif mondial et à l’affaire Méric, à laquelle nous sommes totalement étrangers, que la dissolution de l’Œuvre française a été prononcée. Cette dissolution a été revendiquée par Valls dans son discours d’université d’été, en septembre, à La Rochelle. En janvier 2014, la répression vis-à-vis de Dieudonné s’accentue suite à des propos tenus sur M. Cohen qui ont été volés lors de son spectacle. M. Lauder a fait un petit tour des capitales d’Europe, demandant en Grèce la mise hors d’état de nuire du mouvement Aube dorée, qui était en plein boom – il avait émergé lors des précédentes élections – et en train de conquérir un grand nombre de cœurs grecs en distribuant de la nourriture dans la rue, au moment où la crise financière était à son paroxysme. Aube dorée a subi la même répression que nous, voire plus forte, car le mouvement était plus puissant que nous. Soixante-dix cadres et députés d’Aube dorée ont été jetés en prison. M. Lauder s’est également rendu à Budapest pour demander de mettre hors d’état de nuire le mouvement d’extrême droite Jobbik. Et si Orban n’a pas utilisé la même méthode, il est arrivé ses fins, ce mouvement s’étant autodétruit dans une politique de dédiabolisation.

La notion d’antisémitisme est donc totalement biaisée, d’autant que, depuis 1948, il y a un État sioniste en Palestine et que ceux qui mènent le combat contre cet État sont des Arabes, à savoir des sémites ; ce terme ne veut donc plus dire grand-chose. L’antisémitisme est donc une notion très caricaturale.

M. Adrien Morenas, rapporteur. Je souhaiterais revenir sur vos liens européens. Etes-vous proche du mouvement United Kingdom Independence Party (UKIP) et de Tommy Robinson ? Avec qui partagez-vous ce sentiment de devoir absolument sortir de l’Union européenne ?

M. Yvan Benedetti. Tous ces mouvements agissent dans le cadre du système. Or, nous sommes, je vous l’ai dit, révolutionnaires et voulons imposer un ordre nouveau. Il y a une fracture entre les mouvements qui sont dans le système et ceux qui sont hors système ; une ligne de fracture qui traverse ce que vous appelez l’extrême droite, en Europe, voire dans le monde.

Il y a, d’un côté, ceux qui surfent sur la montée des nationalismes, mais qui sont compatibles avec le système et l’ordre mondial. Ceux qui ont courbé la tête et qui sont passés sous les fourches caudines du judaïsme politique. Tous ces grands meneurs fréquentent le mémorial de Yad Vashem et entretiennent la religion holocaustique, que nous combattons, puisqu’elle veut se substituer au catholicisme et à la chrétienté. Il y a une ligne de fracture, au sein de notre mouvance, entre ceux qui sont pour le pèlerinage à Yad Vashem et ceux qui dénoncent cette nouvelle religion, qui est une religion noachide, mais cela nous amène sur des terrains philosophiques un peu plus poussés.

M. Adrien Morenas, rapporteur. Donc la réponse est non ?

M. Yvan Benedetti. Je n’ai jamais rencontré Nigel Farage, ou des membres de l’UKIP, ou encore des membres du staff de Bannon, de Bolsonaro, de Trump, de Marine Le Pen ou de Salvini, en Italie. Nous n’appartenons pas à la même famille de pensée.

Mme Élise Fajgeles. Vous êtes-vous rendu à Yad Vashem ?

M. Yvan Benedetti. Cela me serait difficile. Même si je voulais aller prier au Saint-Sépulcre, je suis interdit d’entrée sur le territoire par les autorités israéliennes. La Palestine m’est interdite, madame.

Mme Élise Fajgeles. J’y suis allée à de nombreuses reprises. Vous disiez que le travail de Robert Faurisson pourrait apporter une bonne nouvelle à l’humanité, puisque ce que l’on prête à un peuple et à un régime pourrait ne pas être advenu. La Shoah n’est-elle donc pas pour vous une réalité historique ? Sinon, que sont pour vous toutes les études qui ont été menées, les témoignages et les morts ? Je pense notamment aux documentaires réalisés avec les images d’époque, que l’on peut voir à Yad Vashem et dans d’autres lieux dans le monde ?

Vous dites que l’antisémitisme est caricatural. Quand des personnes sont tuées en France parce qu’elles sont juives, est-ce pour vous caricatural, de l’antisémitisme avéré et condamnez-vous ces meurtres ?

M. Yvan Benedetti. Il y a une loupe grossissante sur tout ce qui peut arriver à la communauté juive en France et engager cette communauté. C’est dommageable, car cette loupe grossissante entretient et nourrit un sentiment contre cette communauté. Tous ceux qui prétendent lutter contre ce qu’ils appellent l’antisémitisme ne font que participer à la montée des griefs qui existent et qui sont de plus en plus nombreux contre cette communauté.

Vous me parlez des nombreuses études et documentaires, mais cela ne veut pas dire grand-chose. Un film avec un bon scénario et de bons acteurs, vous lui faites dire ce que vous voulez. Ce qui est évident, c’est qu’il y a eu beaucoup de morts. L’engagement du judaïsme politique, de certains représentants autoproclamés de la communauté juive, qui a engagé la communauté dans la guerre avec les nationalismes de guerre contre les nationalismes en Europe a fait qu’il y a eu un affrontement et que, dans la volonté de neutraliser ce judaïsme politique, il y a eu de nombreux morts. Ça, c’est évident. Mais la Seconde Guerre mondiale a fait de nombreux morts, et je ne vois pas pourquoi un mort français, un mort allemand, les femmes violées en Allemagne, ou le bombardement de Dresde ne seraient pas abordés avec le même humanisme avec lequel certains juifs ont été traités.

Mme Élise Fajgeles. Vous reconnaissez le chiffre de 6 millions de juifs morts ?

M. Yvan Benedetti. Non, bien sûr que non ! C’est complètement pipeau ! Je ne veux pas aborder la question du révisionnisme, mais en 1943, dans les Cahiers de la Ligue internationale contre l’antisémitisme (LICA), publiés à Alger, les 6 millions de morts sont déjà annoncés. Je vous transmettrai les Cahiers de la LICA, si vous le souhaitez. C’est bidon ! C’est complètement bidon ces 6 millions de morts. Il y a eu des morts, bien évidemment, mais pas six millions. Regardez les chiffres qui ont été annoncés pour le camp d’Auschwitz : on est parti de 4 millions de morts, et aujourd’hui le chiffre officiel est de 200 000. Tous les chiffres officiels diminuent dans chacun des camps, sauf le chiffre de six millions. Il faut laisser aux historiens la possibilité de travailler sur ce sujet. Il n’appartient pas aux politiques de le faire ; c’est grave, quand les politiques se chargent de l’histoire. Très grave. On en arrive à des dérives aujourd’hui.

C’est un avertissement que je vous donne : s’aligner à 100 % sur la politique du CRIF et de la LICRA a pour seule conséquence de faire monter le sentiment qui se retourne contre toute la communauté juive. C’est cela le drame. Alors que ceux qui sont responsables sont les représentants du judaïsme politique.

Quant aux juifs qui meurent parce qu’ils sont juifs, oui, aujourd’hui la société est violente, des juifs meurent parce qu’ils sont juifs, des noirs qui parce qu’ils sont noirs et beaucoup de blancs meurent parce qu’ils sont blancs. Le racisme antiblanc est terrible.

Mme Élise Fajgeles. Pas en France.

M. Yvan Benedetti. En France, si, madame. Dans certains milieux africains, les blancs sont traités de « fromages blancs », etc.

Mme Élise Fajgeles. Il n’y a pas de morts blancs en France parce qu’ils sont blancs.

M. Yvan Benedetti. Il y en a régulièrement, des femmes sont violées parce qu’elles sont blanches et des hommes sont tués parce qu’ils sont blancs. Vous fermez les yeux, mais c’est comme ça. Ce sont des réalités qui vont vous péter à la gueule, c’est évident. Il faut sortir de son confort doré, intellectuel et politique, sous peine de très très graves déconvenues.

Mme la présidente Muriel Ressiguier. Le PNF a publié les propos suivants : « la femme doit être soutenue dans son rôle de mère » ; « les lois réprimant l’apologie de l’avortement et la promotion de l’homosexualité doivent être intégralement rétablies ». Et parlant des femmes nationalistes, je cite : « le premier de leur rôle se joue avant tout à l’intérieur de leur ventre, dans l’attente d’une progéniture blanche ». Vous associez-vous à ces propos ? Comment voyez-vous le rôle de la femme ?

M. Yvan Benedetti. Oui, je m’associe à ces propos. C’est le respect d’un ordre naturel. Il faut donner la possibilité aux femmes de s’accomplir dans la maternité, à travers un salaire maternel, défendre une politique familiale forte d’accès à la propriété, entre autres. La politique qui a été menée ces dernières années est une politique de mort, une politique contre la famille. L’avortement est un crime, selon nous, du point de vue de la morale, puisqu’il s’agit de l’assassinat d’un être en devenir, mais c’est aussi un crime politique, puisqu’il fait partie du génocide ethnique que nous vivons aujourd’hui.

Mme la présidente Muriel Ressiguier. Que pensez-vous de l’homosexualité ?

M. Yvan Benedetti. L’homosexualité est une affaire personnelle, particulière. À partir du moment où elle déborde des chambres à coucher et veut imposer un ordre social, une référence politique, nous luttons contre. Tout comme celui qui aime se balader nu chez lui ; libre à lui de le faire mais sortir de la maison dans cette tenue est matière à troubler l’ordre public.

De même, toutes ces lois relatives au mariage homosexuel, et de propagande entretenue par une coterie politique de plus en plus puissante, la coterie LGBT – je ne sais plus ce qu’il faut rajouter –, sont une erreur politique et sociale grave que nous allons payer très cher.

Mme Élise Fajgeles. Je souhaite faire remarquer que dire que 6 millions de juifs morts lors de la Shoah, c’est du pipeau et du bidon, tombe sous le coup de la loi.

M. Yvan Benedetti. Énormément de choses tombent aujourd’hui sous le coup de la loi, et c’est le gros problème de cette société qui est enfermée, cadenassée dans une bien-pensance. Quand ce cadenas va sauter, cela va faire très très mal.

Les choses qui ne sont pas agréables à entendre doivent quand même pouvoir être exprimées ; c’est indispensable. Cela ne vous plaît pas, mais c’est comme ça.

Mme la présidente Muriel Ressiguier. L’audition est terminée. Je vous remercie.

La séance est levée à 12 heures.

——fpfp——

Membres présents ou excusés

Présents. - Mme Élise Fajgeles, M. Adrien Morenas, Mme Muriel Ressiguier, M. Thomas Rudigoz, Mme Valérie Thomas

Excusés. - M. Régis Juanico, M. Ludovic Mendes, Mme Michèle Victory